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48 heures après l’intervention télévisée de Joseph Kabila, selon le journal Le Potentiel, les localités de Rwindi, Vitsumbi et Kanyabayonga seraient tombées dans les mains des rebelles du M23. Qu’est-ce qui expliquerait alors ce soudain aplomb de Joseph Kabila face à Kagame et Museveni ? Certainement pas le rapport de forces sur le plan militaire, sinon cette rébellion serait restée « une petite mutinerie » telle qu’elle a été jugée à ses débuts pour reprendre les propres termes du président congolais. L’isolement diplomatique du Rwanda représenterait, sans doute pour Kabila, l’espoir d’un retour de la paix dans le Nord-Kivu. Jamais, en effet, depuis le génocide de 1994, dont Kagame a fait une rente politique, le Rwanda n’a jamais été autant isolé avec, en prime, une cascade de suspensions d’aides notamment de la part de ses deux plus importants et plus lourds alliés : les États-Unis et le Royaume-Uni. L’Allemagne et la Hollande ont fait de même tandis que la France va saisir le Conseil de sécurité.
Du RCD jusqu’au M 23 en passant par le CNDP, les différentes rébellions pilotées par le Rwanda servent essentiellement son économie en même temps que des intérêts personnels de certains dirigeants politiques et militaires rwandais, principalement ceux venus de l’Ouganda avec Paul Kagame. Ce dernier et ses proches, insatiables, ont ainsi eu le tort d’intégrer ces ressources, extraordinaires au sens premier du terme et crapuleux au sens moral, dans les moyens prévus pour pérenniser le développement de leur pays autant que pour leur enrichissement. Sauf que le nombre de morts, de femmes violées et des déplacés que cela charrie enfle au point de rendre inopérante l’excuse facile et récurrente du génocide de 1994. La montagne des morts du génocide de 1994 n’est plus assez haute pour boucher la vue des Américains sur la tragédie des populations congolaises ; la musique et les complaintes redondantes du génocide de 1994 ne sont plus assez bruyantes pour empêcher le monde civilisé d’entendre les pleurs et la rage des populations martyrisées de la RDC.
Il est, bien sûr, trop tôt de conclure que l’Occident est en train de lâcher Kigali, cependant il est au moins certain qu’il doit s’y murmurer que Paul Kagame a mené là une aventure de trop.|Botowamungu Kalome (AEM)
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