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Ceux qui se seraient sentis frustrés pour n’avoir été promus feront pression à leur tour pour obtenir une prévisible rallonge de la transition. Et dans l’entre-temps, la RD Congo aura compté 45 ans d’indépendance, 45 ans de droits civiques bafoués, notamment le droit de se choisir librement ses propres dirigeants, 15 années de transition, un pays au plus fort de sa déstructuration... Bref, très peu se rendent compte de ce génocide via la rallonge inutile de temps.
Franchement, personne n’a changé et ne peut changer dans ce pays sans garantie aucune et qui, si jamais il était frappé par une catastrophe naturelle comme c’est le cas pour l’Indonésie, disparaîtrait définitivement de la carte de la planète parce qu’on n ‘ y prévoit rien, seuls les intérêts des clans dits « composantes » sont les mieux protégés.
Endundu
Les partants du supposé avant unième gouvernement ont à dire, Olengha Nkoy en premier, Diomi et peut-être Endundu etc. A dire pour dénoncer leur éviction, seulement ça. Le premier dira : « on m’a fait partir parce que je suis plus populaire... ». Perspective électorale oblige. Le deuxième a déjà joué sa carte électorale au stade Tata Raphaël où il est allé dire aux gens de son terroir qu’il est évincé parce qu’il est d’appartenance Bas Congo.
Il faut dire que ce Diomi Ndongala haranguant n’est pas différent de celui en poste au gouvernement et qui a commencé à battre campagne en achetant les faveurs des artistes de tous bords. Olengha Nkoy qui râle de rage, qui criait au voleur après avoir appris à « politiquer » à la 10ème Rue Limete, s’en va avec une conscience peut-être chargée d’une promesse non réalisée. Il avait promis 300 bus pour assurer le transport en commun. Tout est distraction comme dit l’autre parce que l’Homme mobilise déjà les siens pour dénoncer. Dénoncer quoi ? Peut-être faut-il fermer les oreilles pour ne plus rien entendre. Les fameux bus, on ne les trouve nulle part à Kinshasa. Ca aurait été un bon prétexte pour allier popularité et parole donnée.
De l’autre côté, Ondekane qui gérait le ministère de la Défense est parti par démission volontaire promise à Azarias Ruberwa, son chef de composante alors qu’il était « promu » à la tête du ministère de l’économie. Entre lui et le Vice-président Azarias qui tient le RCD par la gorge, les cordons ne semblent pas s’accorder. Question de nationalisme sans doute. Le débat est encore d’actualité. Mais il faut craindre que Joseph Kabila, né de la dernière pluie sans doute mais fin tacticien, en ajoute à son contrôle d’à peu près 80 % du jeu dans l’incroyable espace 1+4 qui n’existe plus que de nom. Qu’a cela ne tienne ; mais ce qui est vrai, c’est que Onosumba qui arrive à la tête du névralgique ministère de la Défense n’aura pas reçu plus qu’Ondekane n’a reçu pour mener à bien sa tâche. Il le sait, mais le jeu des composantes est tel qu’il se doit aussi de composer avec le système gouvernemental de rotation.
Mais puisque tout cela donne l’air de diversion et de jeu facile, que dire d’autre si ce n’est que « Mobutu aussi changeait de gouvernements au gré des vagues et la RD Congo en est sorti invraisemblablement malade ». Pas plus loin que nos nez, le petit Rwanda observe la scène et mijote des stratégies pour mener à bien sa poilitique de tension régionale en se référant à sa formule magique : « les Congolais, c’est du BMW » ( Wife, money, women). On y est pour longtemps et longtemps encore.
Onosumba, le successeur d’ Ondekane à la Défense
L’essentiel n’est vraiment pas de changer de gouvernement, mais de dire au peuple qu’il ira voter après la transition. Abbé Malu Malu, un PPRD, dit avoir encore besoin de deux à trois mois pour en finir avec les échéances électorales. On peut le croire si, au-delà de son cri de rallonge, il ne se cache le dada des allées du pouvoir : « six mois de fois de plus ». L’UDPS d’Etienne Tshisekedi en fulmine déjà de rage : « Tout s’arrête le 30 juin ». Ceux qui viennent au gouvernement ne feront pas mieux que Mobutu lui-même qui a appris à tous les politiciens comment on peut changer de gouvernement tous les six mois sous des prétextes qui n’ont rien à voir avec les intérêts de la majorité. Le premier comme le dernier c’est du pareil au même. La question congolaise est une question d’hommes et des mentalités. Que peut-on encore espérer d’un exécutif éléphantesque qui compte 36 ministres, 25 vice-ministres, 4 vice-présidents, 1 président pour un pays indépendant depuis 45 ans, toujours sur sa phase transitoire et où personne n’a jamais voté en dehors des élections de façade du temps de Mobutu ? La question mérite d’être posée.|Serge Makobo-Ph. SBI
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