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Lettre ouverte à mon collègue Etienne Tshisekedi
François Lusanga Ngiele (New-York, USA)*
mardi 11 janvier 2005

A Monsieur Etienne Tshisekedi wa Mulumba

Membre du Groupe des 13 Parlementaire

& Fondateur de l’UDPS

KINSHASA - LIMETE.

Collègue Etienne,

Dans quelques mois, notre pays va peut être connaître les premières élections démocratiques après des décennies. Le peuple congolais appelle de tous ses voeux la tenue de ces élections. L’UDPS devrait, en principe, l’ emporter haut la main s’il n’y avait pas de contradictions entre ses théories doctrinales et les anti-valeurs en son sein.


Cette deuxième lettre ouverte que je vous adresse est un rappel de ce que moi-même et d’autres collègues fondateurs avons toujours condamné, à savoir les pratiques d’intoxication par la désinformation, l’exploitation des collègues fondateurs que vous payez en monnaie de singe, ainsi que les actes de tribalisme et de violence entretenus par vous au sein de l’UDPS.

A chaque fois que vous manquez d’argument pour accréditer vos vues politiques par vos collègues partenaires dans une assemblée régulière, vous avez l’habitude de chercher à recourir à la propagation de fausses rumeurs pour discréditer la décision qui ne vous conforte pas. Et c’est depuis de nombreuses années que vous tirez profit de cette pratique d’intoxication par la désinformation. Un exemple de désinformation parmi tant d’autres est celui en rapport avec l’agrément de l‘UDPS. Vous aviez propagé la rumeur selon laquelle le nom du Président Frédéric Kibassa Maliba, qui figure sur le document d’agrément de l’UDPS, est un acte de tricherie. Cette assertion est un vil mensonge qui fait partie de vos méthodes de désinformation, car la vérité est tout autre.

En effet, peu après le discours de Mobutu d’avril 1990, moi-même et mon collègue fondateur Mukoka Muena Kavula avions été envoyés par le Président Kibassa pour vous contacter et vous demander de faire partie du groupe des Fondateurs qui devaient se rendre à la Cour Suprême pour les formalités d’agrément du parti. Moi-même et le collègue Mokoka Muena Kavula étions venus chez vous pour vous exprimer cette demande du Président Kibassa. Malheureusement, vous nous aviez répondu négativement en disant que vous n’aviez pas le temps et que le Président National pouvait le faire avec nous. C’est ainsi que le Président Kibassa, les Fondateurs Lumbu, Mukoka et moi-même accompagnés de M.Jean Kyungu Mukange étions allés à la Cour Suprême pour les formalités d’agrément du parti. A cet effet, nous avions même pris une photo souvenir du groupe. Ne disposant pas de documents d’archives du parti et cherchant à déformer les faits de l’histoire, vous aviez commencé à propager le bruit selon lequel le Président Kibassa avait triché en faisant agréer le parti avec son nom comme président. Ce mensonge est une basse calomnie visant à dénigrer gratuitement la personne qui a incarné la présidence de l’UDPS et son unité depuis sa création.

Collègue Etienne,

vous avez aussi l’habitude du double langage pour exploiter la bonne foi de nos combattants à des fins de manipulation. Un exemple de ce double langage est l’avis personnel que vous donnez sur le Collège des Fondateurs selon les circonstances. Quand le Collège des Fondateurs prend des décisions qui satisfont vos intérêts immédiats, vous affichez l’attitude de « légaliste » en défendant mordicus les dispositions des Statuts dont l’article 22 stipule que « Sans préjudice des autres prérogatives qui lui sont reconnues par les présents Statuts, il (le Collège des Fondateurs) veille au bon fonctionnement des organes du parti et se prononce sur les matières non réglementées par les présents Statuts. » Et L’article 83 stipule que « Jusqu’à la tenue du premier Congrès du Parti, les attributions du Congrès sont exercées par le Collège des Fondateurs. » Par contre, quand cet organe prend des options qui ne s’accommodent pas avec vos intérêts cachés, vous faites semblant de vous conformer au vote majoritaire tout en menant des actions de sabordage dans les coulisses. La formule déclarative la plus usitée par vous est celle consistant à dire aux combattants « L’UDPS n’est pas un parti des Fondateurs, mais bien un parti du peuple. Vous avez le droit de manifester votre mécontentement si vous n’acceptez cette décision... » Ceux qui ne vous connaissent pas trouveront ces déclarations tout a fait innocentes et positives de la part d’une personne supposée être de culture démocratique. Malheureusement, ce n’est pas le cas, car dans votre chef il s’agit d’un jeu sournois consistant à vous désolidariser d’une décision collective et d’inciter les combattants à ne pas respecter le Collège des Fondateurs tout simplement parce que vous n’aviez pas la main mise sur cet organe. Cela relève tout simplement d’un opportunisme sans vergogne.

Collègue Etienne,

c’est en tant que membre du Groupe des 13 Parlementaires que j’ai eu à vous côtoyer de très près. A l’époque, j’étais un élu du Katanga et vous étiez un élu du Kasaï Oriental. Je suis originaire du Kasaï Oriental comme vous. Je vous considérais comme un patriote nationaliste et ne pouvais pas m’imaginer un seul instant que vous étiez un tribaliste patenté. Malheureusement, j’ai eu à le découvrir à mes dépens pendant notre longue lutte au sein de l’UDPS. Une illustration simple de votre enclin tribaliste est la composition à majorité tribale de votre entourage. Il y a aussi un autre exemple palpable de votre nature tribaliste ; c’est le petit cercle tribal des personnes avec lesquelles vous montez les stratégies de noyautage du parti et de sabordage des autres leaders tant du parti que d’ailleurs. C’est très décevant de la part d’un leader qui est supposé être rassembleur.

Il y a aussi les actes de violences morales et physiques qui ont été tant décriées au sein de l’UDPS. Vos actes de violences morales consistent à dénigrer et diaboliser indistinctement les partenaires et adversaires politiques qui ne sont pas vos « suiveurs ». C’est aussi le sentiment de haine délibérément entretenue par vous contre les acteurs politiques qui ne partagent pas votre vision. Comme je l’ai dit dans ma première lettre ouverte du mois passé, vous aviez choisi ces méthodes pour vous débarrasser de certains de vos collègues que vous trouviez dangereux parce que vous pensiez qu’ils vous portaient ombrage. Pour réaliser vos plans d’exclusion de vos supposés adversaires, vous exploitez la naïveté de quelques uns de nos jeunes combattants qui croient en vous et à qui vous faites faire la sale besogne. A cause de vous, l’UDPS est le seul parti politique du pays et même du monde à violenter ses propres membres et leaders par avidité de pouvoir personnel.

Collègue Etienne,

les noms des collègues Fondateurs avec qui vous prétendez détenir la légalité du parti se présentent comme suit : Fondateur Mukoka Raymond, Fondateur Diayikwa Zéphyrin, Fondateur Nkwedi, et Maman Fondatrice Marie Kanana, épouse de feu Fondateur Isidore Kanana. En ajoutant votre nom aux quatre, le nombre total de Fondateurs de votre groupe est de cinq. Comment pouvez-vous expliquer que la majorité des Fondateurs de l’UDPS ne soit plus avec vous ? Bien sur, vous avez l’habitude de qualifier de « traître » tout celui qui n’est pas d’accord avec vous. En plus, personne de votre équipe des cinq n’est membre du Groupe des 13 en dehors de vous même. Ici, je dois ouvrir une parenthèse en disant que le seul Fondateur qui est membre du Groupe des 13 et qui était resté avec vous jusqu’il n’y a pas longtemps, mais qui avait fini par vous abandonner, est la personne connue au sein de l’UDPS comme le champion toutes catégories du vagabondage politique. J’espère que, comme l’Apôtre Paul de la Bible, il finira par poser un acte d’amende honorable pour se mettre véritablement au service de notre peuple et non pour des intérêts mesquins. Au sujet de ce collègue Fondateur, il faut ajouter que sur la vingtaine d’années d’existence de l’UDPS, cette personne a passé plus de 10 ans de vagabondage ailleurs. Aujourd’hui, personne ne sait à quelle formation politique notre collègue appartient. Une chose est vraie, je ne serais pas étonné de le voir regagner les rangs de vos hommes de main dans lesquels il excellait par son excès de zèle dans les missions de sales besognes que vous lui confiiez. Mais, comme toujours, ce collègue, champion des « in » et « out » au sein de l’UDPS, fera des « come-back » et des défections dans votre équipe. Je referme la parenthèse.

Collègue Fondateur Etienne,

comment pouvez-vous expliquer la scandaleuse différence entre la misère de vos quatre collègues Fondateurs et l’opulence de vie que vous menez de manière égoïste ? Nous savons tous que vous ne travaillez pas et vivez de la générosité des donateurs du parti. Quand ces derniers remettent leurs contributions, ils le font au nom du parti et non au nom de votre propre personne comme individu. Malheureusement, vous vous accaparez de tout et ne pensez pas à vos collègues. Pourquoi ne partagez-vous pas avec vos quatre collègues ce qui est donné au nom de l’UDPS ? Etes-vous conscient du degré de misère de vos quatre collègues pendant que vous roulez carrosse et vivez somptueusement grâce aux aides multiformes reçues au nom du parti ? Vos collègues sont-ils bons seulement pour servir de marche pieds pour votre promotion politique ? Aujourd’hui, ces collègues vivent non seulement dans la misère noire, mais aussi ils ne jouissent d’aucune considération ni respect de la part de votre part ni de celle de votre entourage qui les traite avec mépris. Collègue Etienne, comment pouvez-vous avoir un cÅ“ur si insensible envers les souffrances de vos quatre collègues Fondateurs et de nombreux Cofondateurs qui sont réduits presque à l’état de mendicité ?

L’article 9 des Statuts de l’UDPS dit que "la Doctrine du parti est le Solidarisme". L’article 10 des Statuts stipule que « l’idéologie de l’UDPS s’inspire des valeurs humanistes universelles de la social-démocratie telle que perçues par l’esprit africain. » Parmi ces valeurs humanistes cet article cite notamment le respect de la vie et de la dignité humaine, l’esprit de solidarité, de partage, d’hospitalité et de générosité. Avez-vous jeté à la poubelle tous ces principes fondamentaux de l’UDPS ? Je vous invite à changer et à être humain car votre indifférence au sort de vos collègues n’est ni juste ni gentille. Apprenez à partager avec vos quatre collègues Fondateurs et les nombreux Cofondateurs, qui croupissent dans la misère, les dons multiformes reçus au nom de l’UDPS. C’est cela le solidarisme ; c’est cela l’esprit de partage.

Collègue Etienne,

dans mes précédentes déclarations politiques, j’ai fait état des résolutions du Conclave de Bondeko qui reconnaissaient à feu Kibassa la qualité de Président National. Ce que je n’ai pas dit est que vous avez toujours regretté d’avoir apposé votre signature sur le document ayant octroyé à Kibassa les pouvoirs spéciaux d’engager l’UDPS tant à l’intérieur qu’a l’extérieur du pays. C’est ainsi qu’estimant que vous aviez commis une erreur politique de cautionner l’octroi des pouvoirs extraordinaires à un rival qui vous portez ombrage, vous avez alors décidé de mettre sur pied une milice privée sous la couverture d’une structure politique informelle dénommée « Parlement Debout ». La création de cette milice entrait en ligne de compte d’un plan que vous concoctiez depuis longtemps pour faire main basse sur le parti. Les meneurs qui constituent la majorité de cette structure politique informelle « Parlement Debout » sont pour la plupart de votre ethnie. Pour qu’ils vendent votre image politique, vous leur avez appris à vous présenter comme le « Zero Faute Mulankwasa », entendez le leader sans faute. Quelle ironie ! Je condamne, avec force, cette exploitation cynique de notre jeunesse.

Voici par ailleurs les quelques exemples des cas de violences commanditées par vous :

1. A plus de 3 reprises, vos miliciens avaient surgi à la Permanence de l’UDPS pour jeter des pierres aux Fondateurs en pleine réunion afin de les disperser et les intimider pour qu’ils ne tiennent plus de réunions. En effet, à la suite des interpellations dont vous avez fait l’objet, suite à vos nombreux abus dont les contacts nocturnes et secrets avec le dictateur Mobutu, vous redoutiez des sanctions à votre endroit et vous avez alors décidé de vous lancer dans une fuite en avant pour neutraliser le Collège des Fondateurs que vous jugiez trop gênant. C’est dans la même logique que vous avez posé l’acte de désespoir de prononcer anarchiquement l’exclusion de la majorité de vos collègues Fondateurs sans en avoir ni pouvoir ni qualité au point de vous trouver aujourd’hui dans une situation de « hors la loi » ;

2. Parmi les attaques de vos miliciens sur les Fondateurs, il y eut une dont la plupart des Fondateurs gardent jusqu’aujourd’hui un souvenir très amer. Cette attaque eut lieu à la Permanence du parti qui fut momentanément dans la parcelle sise à côté de la résidence Kibassa, la 12e Rue Limete. Alors que nous étions dans une réunion de crise, une bande de vos miliciens fit irruption armée de pierres, de chaînes métalliques, et de bâtons. La mission de vos miliciens visait à intimider, une fois de plus, les Fondateurs pour qu’ils ne prennent pas de mesures contre vous et vos hommes de main. Le Cofondateur Roger Gisanga qui assistait à cette réunion à titre d’observateur ne put supporter la scène de violence sauvage. Roger Gisanga piqua une crise cardiaque et rendit l’âme en pleine réunion. Aucune fois, vous n’avez été au lieu du deuil. Le jour des obsèques, la dépouille mortelle de Roger Gisanga fut exposée à la Permanence avant d’être conduite au cimetière. Accompagné de vos miliciens, vous vous êtes déplacé de votre résidence pour venir vous recueillir sur la dépouille de Roger Gisanga. Devant la dépouille mortelle, j’avais fait un témoignage qui condamna la culture de la violence qui commençait à élire domicile au sein du parti et dont le regrette disparu était l’une des victimes. Vous sentant visé par mon message et redoutant une réaction violente de nos combattants à votre endroit, vous avez quitté les lieux sur la pointe des pieds et n’êtes même pas allé au cimetière pour accompagner à sa dernière demeure ce vaillant fils du pays qui avait rendu d’énormes services au parti. Lors de l’enterrement au cimetière de la Gombe, j’avais fait une oraison funèbre (au nom du parti) stigmatisant les pratiques d’intolérance et de violence au sein de l’UDPS.

3. Au palais du Peuple, lors d’une réunion de l’Union Sacrée, vos miliciens s’étaient attaqués à quelques membres de cette plate forme politique, au Président Kibassa et autres leaders des partis amis. La mission des miliciens consistait à intimider les participants pour qu’ils ne critiquent pas les actes ou attitudes politiques du Chef de file désigné que vous étiez ;

4. La Cofondatrice de l’UDPS, Maman Meta Mudiayi avait été attaquée publiquement par vos miliciens qui avaient même déchiré ses habits parce que tout simplement elle ne soutenait pas vos vues politiques ;

5. Ma propre épouse, Marie Kongolo, Fondatrice de l’UDPS comme votre épouse, avait été violentée par vos miliciens en votre présence et dans votre parcelle.

En sa qualité de chargée des finances des Mamans Fondatrices, mon épouse se trouvait chez vous pour collecter la quote part de cotisations de votre épouse pour le compte du mariage d’une fille de feu Fondateur Kanana. Lorqsu’elle fut agressée par vos hommes, ma femme courut vers vous, mais vous n’aviez rien fait pour la protéger. Bien au contraire, vous êtes entré dans votre bureau et avez fermé la porte. Ma femme fut déshabillée et déshonorée par vos hommes sans que vous ne leviez votre doigt. Cet acte de non assistance de votre part à une pauvre femme sans défense était une preuve que vous étiez le cynique commanditaire de cette barbarie. Cet acte de votre part est impensable et inacceptable. A l’époque, je vous avais adressé une lettre d’indignation à laquelle vous n’avez d’ailleurs jamais répondu. Il y eut aussi de nombreuses condamnations et protestations des membres du parti et même de votre propre famille tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays. Recourant aux méthodes mobutistes, vous aviez, à l’époque, acheté les services d’un de mes frères de tribu, qui est professeur d’université, pour qu’il tienne une conférence de presse banalisant l’incident et tenant mon épouse responsable de ce qui lui était arrivé parce que, tout simplement, elle se trouvait dans une parcelle d’autrui (chez vous). Quelle aberration !

6. Etienne, mon véhicule de type Pajero fut aussi attaqué et sérieusement endommagé par les éléments de votre milice devant votre propre résidence. Un certain combattant répondant au nom de Shmed, venu de Mbuji Mayi et qui était de passage a Kinshasa, avait assiste à la scène de violence contre ma voiture devant votre résidence. Ce combattant, à qui je réitère mes remerciements, prit en charge tous les frais de réparation de mon véhicule ;

7. Vos ordres commanditaires de violence allaient jusqu’à Mbuji mayi, au Kasai Oriental. En effet, au cours d’un de mes voyages au Kasai Oriental, tous ceux qui m’avaient accompagnés dans mon Kabinda natal furent agressés à Mbuji Mayi dans un hôtel de la place. Et je dois vous dire qu’initialement je me proposais de faire 2 jours à Mbuji Mayi. Mais je dus y passer 4 jours pour donner le temps à vos hommes de main de me tuer là-bas. J’y avais été traité par vos hommes comme un non originaire du Kasaï Oriental alors que je suis fils de la province comme vous. Lorsque la nouvelle de l’agression s’était répandue chez nous au Kabinda, il m’avait fallu beaucoup de tact et de temps pour calmer la tension parmi les miens ;

8. Vos ordres commanditaires de violence furent aussi exécutés même a Lubumbashi, au Katanga, ou une organisation de vos hommes dénommée Comité Kasaïen avait ordonné l’incendie de mon hôtel « Bouton Vert » situé aux coins des avenues Karavia et Basanga. Vos hommes de main avaient estimé que j’étais de l’obédience appelée « Tshibasu Maliba », entendez Kibassa Maliba. J’avais perdu beaucoup d’argent dans cet incendie. Plus tard, j’avais appris qu’à la réunion préparative de l’acte d’incendie méchante il y avait la présence d’un professeur d’université de Lubumbashi qui fut, lui-même, vice Président du fameux Comite Kasaien. Il y avait aussi un grand frère d’un chef coutumier de ma propre tribu, et un pharmacien de la place qujourd’hui exilé en Afrique du Sud ;

9. Pire, vous aviez tenté de nous faire tuer, nous tes collègues Fondateurs, par les soldats de l’AFDL. En effet, aux premiers jours de l’entrée des troupes de l’AFDL à Kinshasa, alors que nous étions en réunion du parti à notre Permanence historique de la 12eme rue Limete, vous aviez envoyé vos miliciens pour dire aux soldats de l’AFDL qu’il y avait une cache d’armes et des hommes armés. Sans sommation, les soldats de l’AFDL avaient attaqué notre Permanence aux tirs automatiques pour tester notre supposée force de feu. Ils avaient, derrière eux, vos miliciens qui leur servaient d’indicateurs. En l’absence de riposte, les militaires défoncèrent le portail d’entrée et se trouvèrent face à des gens sans armes. Ils procédèrent à une fouille systématique de la maison, qui était aussi la résidence du Président Kibassa, mais ne trouvèrent rien du tout. L’officier commandant des troupes fut reçu par le Président Kibassa à qui il expliqua ce qui avait amené ses militaires à tirer sur la Permanence et présenta des excuses. A partir de cet incident, les autorités de l’AFDL comprirent que la machination, qui risquait de semer la mort, à notre Permanence, était venue de la 10 ème rue. C’est alors que, par mesure de précaution, ils proposèrent de mettre à la disposition de la résidence Kibassa, et ce de manière temporaire, une garde armée pour éviter que vous commanditiez d’autres opérations et les mettiez sur le compte de l’AFDL en cette période-là de confusion ;

10. Il y eut aussi des maisons et des stations d’essence qui brûlées à travers la ville de Kinshasa ;

11. Monsieur Kumbu Dilutete, Président de son parti politique, fut aussi victime d’actes de violences de la part de vos miliciens tout simplement parce qu’il était considéré comme n’étant pas "tshisekediste" .

Collègue Etienne,

l’article 26 des Statuts de l’UDPS stipule que le Président National est le symbole de l’unité du parti. Les méfaits commis par vous au sein de l’UDPS, et dont je n’ai évoqué ici que quelques exemples, vous disqualifient pour cette noble fonction de Président National du parti. En effet, un Président National ne doit pas être un homme connu comme étant foncièrement égoïste, conflictuel - diviseur, tribaliste et enclin au recours à la violence.

Je vous demande de bien vouloir méditer sur chaque point que j’ai évoqué dans ma présente Lettre Ouverte. L’objectif de ma lettre consiste à stigmatiser les contradictions entre les idéaux de l’UDPS et les actes de ses dirigeants. C’est aussi une occasion, qui vous est donnée, pour vous repentir sincèrement et réparer les maux que vous avez causés au parti et à notre peuple avant que nous n’allions aux élections. Rassurez-vous, collègue Etienne, que la prochaine campagne électorale sera centrée, aussi, sur le droit de notre peuple à connaître la Vérité sur chacun de ceux qui prétendent le diriger demain.

Tenons Bon, l’UDPS vaincra !

Joyeux Noël ! Bonne Année 2005 !

New York, le 25 Décembre 2004

François Lusanga Ngiele

Membre du Groupe des 13 Parlementaires & Fondateur de l’UDPS


 
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