|
Déjà hier, certains magasins, dépôts, bars et autres établissement ont fermé leurs portes plus tôt que d’habitude. C’est le cas, dans la commune de Ndjili. Certaines stations service de secteur Tshangu ont arrêté le service aussitôt après avoir entendu des tirs au niveau de la station "Shell" où une bande de malfaiteurs a fait irruption vers 21 heures. Ces derniers se sont emparés de la recette de la journée, après avoir achevé le gérant de plusieurs balles.
La station est située au quartier 7, au croisement de la route qui mène vers Cecomaf et celle du Marché quartier 7 et Mangobo, non loin de l’Immeuble Célé.
Ce matin, la plupart des magasins étaient fermés, de même que les écoles et les universités.
De nombreux agents des entreprises privées ou publiques n’ont pu se rendre à leur place de travail, faute de moyen de transport. Certes, quelques dizaines de véhicules de la police et de l’armée ont été réquisitionnés et mis gratuitement à la disposition des usagers. Cette formule n’aura malheureusement pas été la panacée au problème recrurent de transport pour une ville aussi surpeuplée qu’est Kinshasa.
Néanmoins, dans certains coins, il y avait de la circulation mais la ville n’a pas connu son ambiance habituelle .
Pendant ce temps, la question que l’on se pose ici est celle de savoir qui se cache derrière ces opérations à répétition qui paralysent les activités à Kinshasa. A ce jour, cette question demeure, officiellement, sans réponse. Du coup, certains partis politiques de l’opposition, dont l’UDPS, l’union pour la Démocratie et le Progrès Social d’ Etienne Tshisekedi, sont pointés du doigt.
Bien évidemment, ce parti réfute les accusations portées contre lui et parle plutôt d’une « prise en charge » du peuple.
La RTK (Radio Télé Kintuadi) captée ce matin, a diffusé un reportage sur le déroulement de la journée ville-morte dans certains coins de la capitale, notamment l’image d’ une dame touchée mortellement par balles et d’ un habitant atteint également d’une balle au pied.
Globalement, tous les intervenants, dans l’émission, ont exprimé leur ras-le-bol face à la mauvaise gestion de la transition dont ils exigent l’arrêt le 30 juin 2005 au plus tard.
Aux dires de certains d’entre eux, la manifestation d’aujourd’hui est organisée pour permettre aux proches des victimes des incidents de lundi dernier, d’ enterrer leurs morts et de leur rendre un dernier hommage.
Un caméraman de NZONDO TV, a par ailleurs témoigné sur son interpellation, par la police, alors qu’il était en plein tournage. Ce dernier a affirmé avoir été arrêté et conduit manu militari au cachot de l’IPN où il est resté enfermé pendant une heure.
Relâché, ce dernier est donc venu à la RTK pour raconter sa mésaventure. A sa grande surprise, il apprendra que son arrestation avait même été annoncée et filmée par la chaîne qui le recevait, dont les locaux se situent dans les proximités immédiates de son lieu de détention.
Des témoins de la scène avaient en effet accouru à la RTK pour dévoiler cette arrestation.
Le mouvement de revendications en cours à Kinshasa, on le sait, a comme toile de fond, le respect du calendrier électoral
Pour dit-on « sauver la transition », le Président de la République, Joseph Kabila a réuni, hier au Palais de la Nation, les membres de l’espace présidentiel, les présidents du sénat et de l’assemblée nationale ainsi que les membres du bureau de la commission électorale indépendante pour traiter essentiellement de la question électorale.
Espérons que cette fois-ci l’autorité congolaise sera à l’écoute du peuple et qu’elle n’attendra pas la pression pour exaucer le vÅ“u de la population !|
De notre correspondant à Kinshasa, Paul Kabeya (Kapau) -
A LIRE AUSSI L’ARTICLE DE L’AFP, CI-DESSOUS :
PERTURBATION DE LA CIRCULATION A KINSHASA APRES UN APPEL A UNE "VILLE MORTE"
La circulation a été perturbée vendredi matin à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), à la suite d’un appel à une journée "ville morte", a constaté un correspondant de l’AFP.
Des tracts ont été distribués mercredi et jeudi dans plusieurs coins de Kinshasa, invitant la population à rester chez elle en hommage aux victimes des manifestations de protestation, violemment réprimées, lundi dans les quartiers est de la capitale congolaise.
Ces manifestations, qui ont fait quatre morts et de nombreux blessés, ont également entraîné plus de 70 arrestations, selon un bilan officiel.
Par contraste, la ville était calme vendredi : les différentes artères de la capitale étaient désertes, quadrillées par les patrouilles de la police pour prévenir d’éventuels pillages.
Les transporteurs ont préféré garer leurs véhicules pour ne pas les exposer à d’éventuels risques de sabotage. Bureaux, marchés, commerces sont restés fermés.
L’ambassade de France à Kinshasa a conseillé jeudi aux citoyens français résidant dans la capitale congolaise à "une restriction de la circulation" dans les quartiers périphériques.
Les journées ville-morte étaient courantes dans les années 1990, utilisées comme moyen de pression sur le régime du président Mobutu Sese Seko par les partis politiques de l’opposition pour fragiliser son sytème.
"De nombreuses familles à Kinshasa vivent des sorties et organiser des journées ville-morte, c’est priver plusieurs bouches de nourriture", s’est plaint une cambiste à l’AFP, étonnée que les initiateurs de ces journées "ne soient pas inquiétés par les pouvoirs publics".
|