|
Cette impréparation est donc à la base du retard observé dans la mise en circulation initialement prévue pour le mois de juillet prochain.
Certes, le chemin à parcourir est encore très long. N’empêche, le gouverneur de la Banque nationale du Nigéria Charles Soludo a
effectué récemment le déplacement de Londres pour présenter le dossier à de gros investisseurs et aux partenaires des pays de la zone ouest de l’Afrique.
Lors d’une conférence, Charles Soludo, après avoir évoqué le retard observé, a par ailleurs indiqué que le groupe des cinq pays concernés que sont le Nigeria, le Ghana, la Sierra Leone, la Guinee et la Gambie, a fixé la dernière réunion de mise au point pour mai 2005.
Charles Soludo a d’autre part affirmé
que les dirigeants des 5 pays qui constituent une communauté forte de 170 millions d`habitants doivent encore prendre du temps et se mettre d’accord sur un nouveau calendrier crédible pour la mise en circulation de la nouvelle monnaie commune. Un agenda dans leque "les politiques ont un rôle capital à jouer " a expliqué aux journalistes celui que l`on peut appeler le porte-parole du goupe des cinq.
" D`apres toutes les indications du point de vue pratique, on est encore loin certaine d`avoir la nouvelle monnaie l`Eco" a-t-il indiqué.
Les pays membres, y compris le Libéria qui y a fait son entrée récemment ont accepté le principe de la zone monétaire commune dans le but de "promouvoir le commerce régional et la croissance" au sein de la dite zone depuis maintenant 5 ans. Mais, a-t-il précisé, " ils n`ont pas pu réaliser leur ambition et de surcroît ils n`ont pas respecté le délai fixé à 2003 pour le lancement de cette monnaie. Il faut dire que le Nigeria joue le role de meneur de jeu dans ce groupe.
L’objectif visé est d`émerger de la zone cfa existante, comportant 13 pays d’Afrique de l’Ouest, et qui est aujourd`hui rattachée à l`Euro. C’est de cette union monétaire que devrait en fait sortir la décision de rattachement à la nouvelle monnaie Eco. Une décision qui est souvent et toujours du ressort de la présidence de la République et de certains accords parfois jugés " incestueux" avec les anciennes colonies et puissances économiques et financières. Encore, faut-il, aujourd`hui, que l`Union africaine approuve cette initiative d’un groupe des cinq .
Le projet de lancement de la nouvelle monnaie repose sur les mêmes critères de convergence basés sur les accords de Maastrich avec des objectfis macroéconomiques bien spécifiques qui s’appuient sur des bases solides, lesquelles ont présidé à la création de l’Euro en 1999.
On peut donc dire que les Africains veulent se mettre au même niveau technique que l’Europe en la matière.
Le Nigéria, qui domine actuellement l’Afrique de l’Ouest par son potentiel économique et financier, a rempli tous les critères de convergences pour 2004 et atteint un taux de croissance de près de 6,1% malgré son déficit budgétaire de moins de 2% sur les dépenses domestiques. Il est maintenant question de faire booster les autres afin de se mettre tous au même niveau et pouvoir, enfin, lancer l`Eco. Néanmoins. le gouvernement d`Olesegun Obasanjo a réussi le pari de ramener le taux d`inflation à moins de 10% et garder la valeur de la monnaie en deça de 15%. L’année dernière, la valeur nominale du naira, la monnaie du Nigéria, s`échangeait à 3% du dollar et la Banque Centrale, par ce fait, aurait même enregistré d’énormes bénéfices.
Pour Charles Soludo " il faudra encore attendre avant de donner l’ordre d’imprimer la nouvelle monnaie qui devrait coûter entre 500 et 525 millions de livres sterling £, soit près de 715 millions d’euro pour 1 milliard de dollar environ". " Or ce montant n’a pas encore été déposé sur un compte en banque " a affirmé le gouverneur de la Banque Centrale du Nigéria. "Mais tout est possible" a t-il encore reconnu.
A la question de savoir qui devrait donc prendre en charge les frais d’impression, Charles Soludo a répondu que le dossier est à l’étude et que le groupe de travail mis sur pied par les gouvernants des cinq pays est à pied d`oeuvre. Pour lui les Etats membres doivent "mettre le pied sur la pédale" afin de se mettre le plus rapidement possible en ce qui concerne les critères de convergence.
Charles Soludo, on le sait, s’est rendu à Londres, entre autres, pour y rencontrer des partenaires potentiels. Ce qui laisse penseer que c’est la Banque Centrale de l`Angleterre qui va imprimer l’Eco.
|