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Ainsi, pour ne pas continuer à servir de vache lait à certains artistes, Pascal Phoba a créé son groupe, Lettre P et prépare avec lui un album intitulé Domination . Afriqu’Echos Magazine vous convie à suivre Pascal Phoba à travers cette interview recueillie sur place à Kinshasa où il réside.
Pourriez-vous nous retracer , en quelques lignes, votre parcours ?
Mes débuts remontent à 1980 dans l’orchestre le fleuron . J’ai ensuite intégré le groupe Il fallait kaka, un ensemble de mon quartier , le Q. du 20 Mai, avant d’aller poursuivre mes études à l’Université de Lubumbashi (UNILU). Après la fermeture de l’UNILU suite aux événements de 1990 appelés « massacres de Lumbumbashi », je me suis lancé dans les « affaires » en faisant la navette entre Lubumbashi la Tanzanie et la Zambie. A mon retour à Kinshasa, j’ ai été sollicité par de nombreux groupes comme Zaïko Langa-Langa, Wenge-Musica(ancienne formule), Quartier Latin. Le fait de ne plus faire partie de Il fallait kaka m’a profondément déçu d’où mon refus d’intégrer un autre groupe. C’est ainsi que j’ai préféré céder mes chansons à certaines « stars » congolaises.
N’êtes tes-vous pas plus parolier qu’artiste actif ? Pour preuve vos deux albums sont passés quasiment inaperçus ?
Je suis certes un excellent parolier, mais surtout un artiste full (complet) ! Papa Wemba l’a reconnu en me considérant comme un compositeur de fond. Il a raison car je n’ai jamais fait les choses à moitié. En d’autres termes, je n’ai jamais donné de travail supplémentaire aux artistes à qui j’ai cédé mes oeuvres. J’ai chanté dans la sélection des artistes congolais, la chanson patriotique « Franc congolais ». Comme je l’ai déjà souligné, J’ ai évolué en tant que chanteur auteur-compositeur dans Le Fleuron et Il fallait kaka , c’est d’ailleurs grâce à ces groupes que les artistes du clan Wenge m’ont découvert. Depuis, ils me suivaient jusqu’à Lubumbashi quand je me suis résolu à mettre une croix à ma vie d’artiste pour me consacrer aux études. J.-B. Mpiana, Werra, Adolphe etc... peuvent en témoigner.
Pascal Pohba, sur cette photo, en compagnie de Kapo (AEM)
Et que dites-vous de ces albums qui n’ont pas accroché ?
Le manque de promotion est à la base de cet état des faits. Le premier album intitulé « Réflexion » a souffert du manque de support visuel, Monsieur Ndiaye (le producteur) ayant privilégié le support audio. Il a sous-estimé l’Å“uvre, ainsi, je n’ai pas obtempéré à sa vision ! Il en est de même pour le second album « Sacré salé », dont le producteur ne disposait pas d’assez de moyens pour en assurer le suivi. Il faut toutefois noter que le premier album m’a ouvert plusieurs portes : j’ai pu obtenir des contrats, voire à l’extérieur du pays. Faute d’un groupe d’accompagnement, je n’ai malheureusement pas pu honorer mes engagements. C’est ainsi que j’ai créé un groupe : « Lettre P ».
Pourquoi Lettre P ? Et que comptez-vous faire avec ce groupe ?
« Lettre P » pour dire Patience - Persévérance -du Parolier-Pascal Phoba. Sa sortie officielle s’est déroulée à Boma dans le Bas-Congo, ma région d’origine, où je compte de nombreux admirateurs. Avec mon groupe, nous préparons un nouvel album que nous avons baptisé « Domination ». Je compte associer d’autres collègues à la réalisation de cet opus dont Koffi Olomide, J.-B. Mpiana, Werrason, Adolphe, Godé Lofombo (rythmique)...
Pourriez-vous citer quelques-unes des oeuvres que vous avez cédées à certains camarades musiciens et nous dire franchement si vous avez eu gain de cause dans cette « transaction » ?
Il y en a plusieurs : Feux de l’amour à JB Mpiana, Chantal Swizerland|Werrason, Voyage |Adolphe, Maman |Papa Wemba...pour ne pas les citer tous. En contrepartie, je me suis contenté de tenues vestimentaires, de bijoux et autres petits cadeaux . Au début, cela me suffisait largement. C’est avec le temps que j’ai réalisé la grandeur et la richesse de mes Å“uvres. Celles-ci ont propulsé certains artistes et vous savez certainement ce que ces artistes en ont tiré comme profit en biens matériels (voitures, maisons). C’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à réaliser mon premier album et je ne le regrette pas du tout !
Expliquez-nous pourquoi l’album en chantier s’intitule-t-il "Domination" ? Et quel est, pour conclure, votre message au public.
Tout est dit dans le titre. Attendez la sortie de l’album. Mon mot de la fin :
Que les gens me comprennent bien qu’ils économisent leur argent pour acheter le CD ;
qu’ils nettoient leurs oreilles pour bien écouter les différentes chansons . Je leur rappelle enfin que je les aime tous !... Et que Pascal Phoba reste égal à lui-même !
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