La mise en scène et la lumière sont minimales, les effets spéciaux absents, mais sans incidence sur le talent de l’artiste, ni sur le bonheur du public. La thématique utilisée par le comédien est prévisible, attendue : une galerie des portraits d’Africains et de Français. Rien de nouveau sous le soleil, mais Patson arrive à être original, déroutant avec ses vannes presqu’attendrissantes pour ses cibles. Les tares et les vices traduits en vannes ne ridiculisent pas mais rendent les personnages presque sympathiques. Les avions des compagnies aériennes africaines sont le théâtre des scènes burlesques. Rien n’est grossi mais tout est raconté par un prisme des détails infimes mais très parlants dans la bouche de Patson.
Dans la ligne droite de la tradition des humoristes « Génération Djamel Debbouze », Patson va croquer dans des portraits décapants ses proches et sa propre infirmité : « Ma mère a eu tellement d’enfants que son ventre ressemblait à un parking de grande surface et moi j’ai pris la place handicapés ».
Dans le dernier quart d’heure du spectacle, Patson va bluffer son public. D’une voix posée, il baisse le rythme et le débit. Connu pour son combat contre le racisme et toutes les formes d’intégrisme, le comédien va raconter une scène poignante concernant un ami Blanc victime d’une agression grave par des Noirs en région parisienne devant lui. La salle est saisie d’émotion, de gêne… le climat devint pesant jusqu’à la fin de l’histoire lorsque l’humoriste annonce que c’était un rêve qu’il racontait…
Un spectacle de très bonne facture à regarder en famille, si Patson le débarrassait de ses allusions récurrentes et crues au sexe qui finissent par devenir lourdingues.| Botowamungu Kalome (AEM) |