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RDC/Présidentielle : Trois candidats potentiels, issus de la diaspora, posent des préalables
vendredi 20 août 2010 par La rédaction d’Afriqu’Échos Magazine ( AEM )
Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Dr Francis Mboyo

Augustin Mukamba

La RDC est déjà en précampagne de l’élection présidentielle, une précampagne marquée du sceau de la controverse, la faute à un prélat qui a tronqué, pas toujours avec bonheur, sa soutane contre le pilotage des élections. Ainsi, la Commission électorale nationale indépendante(CENI) vient consentir, sans concertation, une rallonge de mandat au président Joseph Kabila en fixant la date de la présidentielle des mois au-delà du terme du mandat présidentiel. Pas du tout du goût de l’opposition, notamment de trois candidats potentiels issus de la diaspora qui, depuis Paris dans un texte adressé à notre rédaction, posent un certain nombre de « préalables à leur participation et à l’acceptation des résultats finaux ».


Dans ce texte non daté, hélas, Gaspard-Hubert LONSI KOKO, Dr Francis MBOYO et Augustin MUKAMBA exigent notamment « l’ouverture de la CENI à l’opposition institutionnelle et non-institutionnelle ; l’implication de la communauté internationale en amont dans le processus électoral ; la révision de la loi électorale et le recensement général de la population ». Le moins que l’on puisse dire est que ces préalables repousseraient, de fait, la prochaine élection présidentielle à 2015 au plus tôt. Connaissant, en effet, les mœurs politiques congolaises déjà la distinction légale de l’opposition institutionnelle, non-institutionnelle et de la société civile prendrait au moins un an ; un nouveau recensement général fiable et incontestable au moins trois ans, la révision de la loi électorale et sans doute de la constitution aussi de facto : au moins deux ans… Sans oublier, cette demande de la mise sous tutelle de la nation congolaise avec une « implication en amont » de la communauté internationale au processus électoral. Les Congolais seraient-ils intellectuellement et moralement définitivement disqualifiés pour cela ? Ce texte serait-il alors un tissu de vœux pieux ? Une liste d’exigences peu réalistes ? Pas nécessairement, mais, au moins, il a le mérite de pointer du doigt certains points susceptibles d’entamer la crédibilité d’une consultation qui devra se dérouler sans fausse note afin de rester au dessus de tout soupçon de fraude.

La Rédaction d’Afriqu’Échos Magazine (AEM)

PROPOSITIONS RELATIVES AUX PRÉALABLES, S’AGISSANT DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Le peuple congolais et la communauté internationale veulent que les prochains enjeux électoraux en République Démocratique du Congo soient libres, transparentes et démocratiques. Afin de nous assurer du bon déroulement des prochaines élections, en général, et, en particulier, de l’élection présidentielle, nous, collectif des candidats de l’opposition et du changement, posons les conditions suivantes comme préalables à notre participation et à l’acceptation des résultats finaux :
  • Une organisation neutre, non entachée par la mainmise du gouvernement actuel. Pour éviter cela, il faudra : • intégrer les membres de l’opposition tant institutionnelle que non institutionnelle, ainsi que les membres de la société civile, dans la Commission Électorale Nationale et Indépendante (CENI) ; • impliquer la communauté internationale, bien en amont, dans le processus électoral ; • accepter les observateurs et les assesseurs de tous les candidats dans chaque bureau de vote ;

  • Une composition concertée de la CENI, outre que l’actuelle, qui aura pour mission de présenter un planning clair et un calendrier bien défini pour toutes les opérations ;

  • La révision de la loi électorale préparée et présentée par une équipe neutre et indépendante réunissant toutes les parties, l’objectif étant : • la révision des conditions de participation et d’éligibilité ; • la révision du coût de participation à l’élection présentielle, l’idéal étant la gratuité des frais ; • l’égal accès de tous les candidats aux médias publics ; • la non-utilisation des moyens de l’État et des deniers publics au profit d’un seul candidat.

  • La participation au scrutin présidentiel des membres de la diaspora congolaise, sans condition de domicilaition ;

  • La levée des contraintes techniques qui privent les Congolais de la diaspora de leurs droits civiques ;

  • Le recensement général de la population afin de définir qui est réellement congolais, donc électeur ;

  • La reconnaissance pure et simple du caractère inaliénable, donc incessible, de la nationalité congolaise d’origine ;

  • La délivrance de la carte nationale d’identité à tous les Congolais, celle-ci devant être exigée, avec la carte d’électeur, lors du scrutin ;

  • L’ouverture aux medias de la diaspora à l’intérieur du pays et vice-versa ;

  • La sécurité pour tous les candidats. Pour cela, il faudra impliquer la communauté internatrionale dans la protection des candidats de l’opposition.

  • Le respect des droits fondamentaux, notamment la liberté d’expression et de mouvements. En effet, nous réclamons : • des débats contradictoires libres et démocratiques afin d’éclairer l’opinion ; • le droit d’organiser liberement des rassemblements (meetings, conférences, séminaires...), dans le cadre des élections, sur toute l’étendue du territoire national ; • le refus des arrestations ou des emprisonnements du fait de nos opinions politiques.

Gaspard-Hubert LONSI KOKO
Dr Francis MBOYO
Augustin MUKAMBA
Fait à Paris, le

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