Cette guerre avait également un volet médiatique soigneusement préparé : la presse française a répété benoîtement les propos des stratèges français qui avaient exagéré, à dessein, sur la puissance de feu d’Ansar Dine. Comme pour préparer les esprits en cas de coups durs. Comment pouvait-on raisonnablement laisser entendre que des mercenaires supplétifs d’une armée libyenne en déroute pouvaient emporter des armements sophistiqués fonctionnels avec des munitions compatibles ? On pouvait, d’ailleurs, aisément deviner que ce ne sont pas des mercenaires recrutés vaille que vaille que les Libyens allaient former pour utiliser leurs armes les plus sophistiquées. C’est ainsi qu’Ansar Dine n’a jamais pu tirer le plus petit des missiles contre les armées françaises et tchadiennes.
Au final, contrairement à ce qu’avait déclaré François Hollande, l’armée française ne restera pas « le temps qu’il faudra » et elle trépigne déjà pour passer la main aux forces de la Cedeao espérée pour contenir un terrorisme résiduel, héritage adultérin des présidences de Kadhafi et de son homologue malien ATT. Il faudra, néanmoins, souligner en gras que les forces françaises auront, auparavant, réduit à sa plus faible expression la puissance de feu d’Ansar Dine. Aidée efficacement, en cela, par de vaillants Tchadiens aguerris, hélas, par des décennies de guerre civile chez eux. Le destin du Mali est désormais tributaire de la bonne volonté de ses amis et voisins. Mais la question la plus épineuse est politique. Une fois, un semblant de paix installé, il faudra régler la question touareg. Le contexte paraît favorable car l’interlocuteur aux velléités indépendantistes, s’étant fourvoyé dans son alliance avec Ansar Dine, multiplie des signes de bonne volonté. Mais la situation faciliterait-elle pour autant des solutions audacieuses, courageuses ?
Encore, faudrait-il que les deux parties sortent de cette guerre avec le minimum de légitimité et de crédibilité requis.|Botowamungu Kalome (AEM) |