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La rubrique Franc Jeu de votre magazine est tenue par Botowamungu Kalome, notre rédacteur en chef, qui nous y propose sa lecture de différents événements concernant les domaines, les pays et les thématiques couverts par Afriqu’Afriqu’Échos Magazine (AEM). On y trouve une approche, une analyse, un commentaire et même des prises de position qui ne sont pas forcément ceux de notre Rédaction mais qui se plient à la déontolgie et à l’éthique du métier de journaliste.

 

Mali : Cette guerre que personne ne finira
mardi 23 avril 2013 par Botowamungu Kalome (AEM)
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Des combats de rue à Gao, Mali|Photo d’archives : AFP, février 2013

Ridicule de s’émanciper formellement du colonisateur pour, 50 ans après, lui laisser les clés de la maison et le plébisciter comme sauveur et garant de l’intégrité territoriale de son pays. Les Africains n’ont eu de cesse de décrier la Françafrique, les voilà qui remettent en selle la France paternaliste en Côte d’ivoire et au Mali. La faute, à Abidjan, à Alassane Dramane Ouattara et Guillaume Soro qui voulaient le pouvoir à tout prix, mais surtout à n’importe quel prix. La faute, à Bamako, au président Amadou Toumani Touré « ATT » qui a joué au dilettante avec le destin de tout un pays et à ses généraux au ventre bedonnant, au propre comme au figuré, de corruption. C’est, en effet, la France, ancienne puissance colonisatrice, qui a extirpé in extremis le Mali des griffes de la bande d’Ansar Dine qui marchait allègrement vers Bamako. Mais la belle guerre, l’offensive très proprette française « officiellement sans dommages collatéraux » ne va pas finir le job, ni faire disparaître la menace terroriste, moins encore endiguer l’instabilité politique.


Cette guerre avait également un volet médiatique soigneusement préparé : la presse française a répété benoîtement les propos des stratèges français qui avaient exagéré, à dessein, sur la puissance de feu d’Ansar Dine. Comme pour préparer les esprits en cas de coups durs. Comment pouvait-on raisonnablement laisser entendre que des mercenaires supplétifs d’une armée libyenne en déroute pouvaient emporter des armements sophistiqués fonctionnels avec des munitions compatibles ? On pouvait, d’ailleurs, aisément deviner que ce ne sont pas des mercenaires recrutés vaille que vaille que les Libyens allaient former pour utiliser leurs armes les plus sophistiquées. C’est ainsi qu’Ansar Dine n’a jamais pu tirer le plus petit des missiles contre les armées françaises et tchadiennes.

Au final, contrairement à ce qu’avait déclaré François Hollande, l’armée française ne restera pas « le temps qu’il faudra » et elle trépigne déjà pour passer la main aux forces de la Cedeao espérée pour contenir un terrorisme résiduel, héritage adultérin des présidences de Kadhafi et de son homologue malien ATT. Il faudra, néanmoins, souligner en gras que les forces françaises auront, auparavant, réduit à sa plus faible expression la puissance de feu d’Ansar Dine. Aidée efficacement, en cela, par de vaillants Tchadiens aguerris, hélas, par des décennies de guerre civile chez eux. Le destin du Mali est désormais tributaire de la bonne volonté de ses amis et voisins. Mais la question la plus épineuse est politique. Une fois, un semblant de paix installé, il faudra régler la question touareg. Le contexte paraît favorable car l’interlocuteur aux velléités indépendantistes, s’étant fourvoyé dans son alliance avec Ansar Dine, multiplie des signes de bonne volonté. Mais la situation faciliterait-elle pour autant des solutions audacieuses, courageuses ?

Encore, faudrait-il que les deux parties sortent de cette guerre avec le minimum de légitimité et de crédibilité requis.|Botowamungu Kalome (AEM)

 
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