Botowamungu Kalome

Rédacteur en chef

Le druide (Professeur Raoult), la potion magique (la chloroquine), la Gaule (Marseille), César (Edouard Philippe) et les Romains (covid-19)

Jamais une crise mondiale n’avait autant donné de l’épaisseur aux thèses complotistes : science-fiction, déclarations politiques, prévisions sanitaires ou géopolitiques, quelques clics sur le net suffisent pour rassembler assez de matériaux pour crédibiliser la thèse d’un « virus sorti des laboratoires pour engraisser l’insatiable industrie pharmaceutique des pays occidentaux ». Et pour compléter le tableau, la France a traduit dans la réalité une version ubuesque de la bande dessinée Astérix. Au cœur de la  polémique : une potion magique (la chloroquine) préparée par un druide (le professeur Raoult), la Gaule une cité imprenable (l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille et la ville… Continue reading

Testostérone : Fally Ipupa en avait plus que les combattants

Vendredi 28 février 2020, les environs de la gare de Lyon à Paris ont été le théâtre des actes de vandalisme qui ont couronné l’issue d’un bras de fer communautaire perdu par une infime partie de la diaspora congolaise ; qui n’a pas réussi à faire interdire le concert du chanteur Fally Ipupa à Bercy, le soir même. Dix ans que cela durait : des Congolais déclarés « opposants » au régime de Kabila parvenaient à interdire aux musiciens congolais de se produire à  Paris, Bruxelles et  Londres. Leurs moyens : menaces des troubles auprès des autorités, violences et systématiquement une demande de rançon en coulisses… Continue reading

Ciao l’ami François Mambi

En ce jour où tu as été rendu à la terre, je cherche toujours des mots, les bons, les plus justes, pour te dire « au revoir » ou « adieu ». On en aurait parlé et tu m’aurais dit, avec un brin de sourire malicieux : « Mais Boto, tu sais bien que je suis agnostique, que je ne crois vraiment pas qu’une force suprême a pris un peu de terre, m’a sculpté puis soufflé dans mes narines afin que je naisse et vive… » Je t’aurais alors rappelé ce surprenant aveu que tu m’avais fait en 2002 au… Continue reading

Lutumba avait bien raison de s’en inquiéter…

C ’est la chanson de sa carrière, de sa vie. Il y chante la vie, la mort, la pauvreté, les amitiés futiles, la bohème, les héritiers flambeurs… et on y décèle aussi quelques subtiles allusions autobiographiques comme cette prophétie : « Mokolo na kokufa kake ekobeta » (1) mais aussi la peur d’être oublié, la quête de l’éternité : « Moto na ngai bakamata basala monument, soki mopaya ayei balobela ye nsango » (2). Au soir de sa vie, Lutumba Ndomanueno Simaro s’était lancé dans une bien curieuse façon d’entrer dans l’histoire, une démarche devenue obsessionnelle au fil du temps… Continue reading