Irene Neto dénonce un «lynchage judiciaire et médiatique» suite à l’arrestation de son mari


Irene Neto, fille du premier président angolais, Agostinho Neto, et épouse de l’homme d’affaires Carlos São Vicente, s’estime victime d’un “lynchage judiciaire et médiatique” et appelle à la libération de son mari, qu’il considère comme “injustement emprisonné” depuis le 21 septembre 2020. Dans un communiqué remis à la presse portugaise, Irène Neto qui est médecin, ancienne députée et également membre du Bureau politique du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA, au pouvoir) regrette également le manque de solidarité des camarades du parti et affirme se trouver actuellement  dans l’incapacité de couvrir ses dépenses quotidiennes, ses comptes bancaires étant gelés.

A l’origine de cette colère la détention préventive à la prison de Viana à Luanda pour détournement de fonds, de blanchiment d’argent et de trafic d’influence présumés, qui concerne notamment un compte de 900 millions de dollars gelé en Suisse soit l’équivalent de 752 millions d’euros logés sur ce compte, selon un blog suisse spécialisé sur des questions juridiques dans ce pays. Rien d’illicite selon Irene Neto qui présente son mari comme «un honnête et honorable citoyen, respectueux des  lois angolaises » qui ne serait emprisonné que pour avoir « réussi ». A noter que Carlos São Vicente gérait des entreprises dans les secteurs financier, touristique et immobilier et sa compagnie d’assurance AAA a détenu, pendant une dizaine d’années, le monopole d’assurance de l’activité pétrolière..

Irene Neto accuse les autorités de nourrir “un cirque médiatique” contre sa famille et affirme que son mari est victime d’une « parodie de procès alimenté par des réseaux bien identifiés”.

«Il ne pourra de toutes façons pratiquer aucune activité  car tous ses biens ont été confisqués, même le domicile familial. Il ne pas non plus s’enfuir, car son passeport est expiré. Le laisser en liberté ou, au pire, l’assigner à résidence, ne provoquera aucun trouble social Alors, libérez-le immédiatement », lance-t-elle tout en tenant les autorités judiciaires pour responsables de tout ce qui pourrait advenir à son mari en prison.

En Angola, les autorités judiciaires ont déjà ordonné la saisie de plusieurs immeubles appartenant au groupe AAA, de l’homme d’affaires. Parmi ceux-ci figurent tous les bâtiments AAA, des hôtels IU et IKA, situés sur tout le territoire national ainsi que le bâtiment IRCA, à Luanda. Tout récemment, le bâtiment Adli et l’hôtel Thyke (tour) ont été saisis à Luanda. Il s’agit d’un immeuble adjacent au terminal du transporteur routier Macon, situé à proximité du centre de réclamations du groupe AAA et des bâtiments 29, 30, 31, 32, 33 et 34 situés dans la copropriété Sodimo, à Praia do Bispo.

Le service national de recouvrement des avoirs du procureur de la République a également saisi la participation minoritaire de 49% des actions d’AAA dans la Standard Bank Angola, où l’homme d’affaires est administrateur non-exécutif, et demandé la suspension de ses fonctions pour toute la durée de la procédure.| Jossart Muanza (AEM)