RDC : Félix Tshisekedi et Augustin Kibassa, (in)dignes fils de leurs pères ?


« Vous avez été considéré par le journal Jeune Afrique comme le chef de I’État au monde ayant accompli plus de déplacements (missions) à I’extérieur de son pays. (…) Ces missions sont aussi effectuées par des gens dont la seule qualité est d’être vos proches ou connaissances ! ». Ces deux reproches faits au président Mobutu, le 1er novembre 1980, par treize parlementaires congolais, notamment Etienne Tshisekedi, pourraient s’appliquer parfaitement au fils de ce dernier, l’actuel président de la République Démocratique du Congo. Qui, lors de ses déplacements, sa délégation est habituellement composée de dizaines de personnes et régulièrement une centaine pour les voyages en Europe et en Amérique. En considérant la centaine de voyages entrepris à l’étranger, en soustrayant les 2 jours de la semaine qui ne sont pas ouvrés, en observant que ses séjours à l’étranger durent 3 jours en moyenne, pendant les trois premières années de son quinquennat, Félix Tshisekedi aura travaillé environ le quart de son temps à l’étranger et amené en villégiature dans les capitales et palaces de l’étranger « des gens dont la seule qualité est d’être ses proches ou connaissances ».

Les voyages présidentiels divisent les Congolais et nourrissent la créativité des plus ironiques comme cette jeune Congolaise T.D.D.C qui s’était étonnée que le président gagne l’Europe sans repasser par Kinshasa : « Cette fois, le président n’est pas venu se changer (vêtements) avant de repartir comme il le fait habituellement » ou cet autre internaute qui joua à celui qui en sait plus : « Il avait promis à son épouse de l’amener en lune de miel dans toutes les capitales du monde ». Plus sérieusement, ses soutiens annoncent des retombées en termes d’aides et des investissements à venir.

 

Pendant ce temps, le dernier salaire en fonction publique est toujours en dessous de 100 dollars, la grève des enseignants retarde la rentrée, les écoles sont bondées après le retour des millions d’enfants pour qui la gratuité a rendu la scolarité possible sans construction des nouvelles classes pour résorber cet afflux estimé à       8 millions d‘élèves, la baisse des produits alimentaires annoncée avec pompe n’a pas eu lieu, l’eau et l’électricité sont toujours rares, Kinshasa de plus en plus sale… En leur temps, les treize parlementaires avaient balancé ceci sur le visage du président-fondateur du MPR : «Et, malgré cette situation, Citoyen Président-Fondateur, tel un pèlerin, vous multipliez des voyages à I’extérieur d’une manière tout aussi innocente qu’infructueuse ! À tel point qu’on en vient à se demander si Vous avez vraiment l’amour de ce pays et son peuple » .

Une fastueuse vie de château

Le nœud gordien d’une partie de la crise congolaise tient à une mauvaise redistribution des ressources qui arrivent dans les caisses de l’État. Le train de vie des institutions ou plus exactement de leurs animateurs ne laisse finalement échapper que des miettes pour le social. Le président de la République lui-même est loin d’être le plus vertueux avec ses impénitents dépassements budgétaires : en trois ans, Félix Tshisekedi a dépensé plus de 204 millions de dollars sur ce qui lui était alloué dans le budget. Effarant.

2018 : Prévisions : 67 millions de dollars / dépensés : 154 millions de dollars

2019 : Prévisions : 75 millions de dollars / dépensés :164 millions de dollars

2020 : Prévisions : 162 millions de dollars / dépensés : 184 millions de dollars

2021 (situation à fin septembre) Prévisions : 160 millions de dollars Exécution : 253 millions de dollars 

À ce sujet, Félix Tshisekedi devrait relire la question posée par son père Étienne Tshisekedi et ses amis de lutte à Mobutu dans la fameuse lettre du 1er novembre 1980 : « II est vrai qu‘une dotation n’est pas soumise à la règle habituelle de contrôle, mais le Président-Fondateur peut-il nous autoriser quand même de poser la question : qu‘a-t-on fait de cet argent ? ».

Un président qui fait personnellement et directement les poches de ses citoyens désargentés.

En août 2018, Félix Tshisekedi avait promis, s’il était élu, de mener un programme « pro-pauvre basé sur la redistribution équitable des richesses ». Une fois au pouvoir, le nouveau président, en chrétien décomplexé, va faire une application singulière de l’évangile selon Saint Matthieu 13:12 : « Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. ». Ainsi, d’un côté, à des députés qui perçoivent déjà 5.000 dollars par mois, il va donner des véhicules à plus de 50.000 dollars l’unité et, d’un autre côté, il va faire les poches de tous les Congolais détenteurs d’un smartphone y compris les indigents. Pour cette opération d’appauvrissement des déjà pauvres, Félix Tshisekedi s’est entiché d’Augustin Kibassa Maliba, le  ministre en charge des télécommunications. Ce dernier n’est moins que le fils de Frédéric Kibassa Maliba cofondateur de l’Udps avec Étienne Tshisekedi père de Félix Tshisekedi. La justification est tout aussi grotesque que le procédé : une taxe RAM prélevée directement par les opérateurs de téléphonie est reversée à un organisme logé à la présidence. Ainsi se comportent deux fils de deux cofondateurs d’un parti qui affiche dans sa dénomination « le progrès social ».

S’ils revenaient à la vie, au regard de tout ce qu’ils ont déversé sur Mobutu ainsi que sur les Kabila père et fils, Étienne Tshisekedi et Frédéric Kibassa Maliba seraient-ils fiers de leurs fils Félix et Augustin ? Et je ne parle même pas du deal avec ceux qui ont sur leur conscience la mort de Rossy Mukendi, de Chebeya, des militants de l’Udps brûlés vifs surtout au regard de cette interpellation lancée à Mobutu :

« Citoyen Président-Fondateur, Vous savez que des milliers, des centaines de milliers de nos compatriotes, civils ou militaires, ont, dans la lutte pour I’indépendance, payé de leur vie pour le triomphe de la démocratie et de la liberté. Nous pensons que nous n’avons pas le droit de trahir leur mémoire. »| Botowamungu Kalome (AEM)

   

Quelques pays visités par Félix Tshisekedi :

1. Tous les 9 pays limitrophes sauf le sud Soudan. Dans d’autres pays limitrophes il a fait plusieurs voyages notamment au Congo-Brazza.

2. Gabon

3. Plusieurs voyages en Afrique australe, notamment: RSA, Botswana, Namibie,

4. Plusieurs voyages en Afrique de l’Est, notamment : Kenya, Éthiopie, Soudan,

5. Plusieurs voyages en Afrique du Nord : Maroc et Égypte

6. Plusieurs voyages en Afrique de l’Ouest : Guinée Conakry, Guinée Bissau, Ghana, Niger, Sénégal

7. Europe : France (4 fois au moins), Belgique (4x), Royaume Uni (2x), Turquie, Serbie, Italie (2x), Vatican

8. USA (4x)

9. Russie.

10. Asie et proche-orient : Émirats Arabes Unis, Japon, Qatar, Israël

# Gratitude au confrère INGMM qui nous a aidés à collecter (en urgence) méticuleusement les données.