France-Angola : l’ambassadeur de l’Angola à Paris appelle à un investissement français accru et diversifié


L’ambassadeur d’Angola en France, Miguel Costa, a appelé à un investissement accru des entreprises françaises dans différents autres secteurs en dehors de celui des hydrocarbures, notamment dans l’agriculture, les transports, l’énergie, la prestation de services et l’industrie manufacturière. Dans une récente interview dans les colonnes de Jornal de Angola, Miguel Costa a souligné que les entreprises françaises «ont aujourd’hui la possibilité de profiter de la diversification économique en cours dans le pays pour développer leurs affaires.»


Les relations entre la France et l’Angola sont aujourd’hui considérées comme excellentes, pourriez-vous nous en donner les raisons ?

Au niveau politique, les relations bilatérales entre l’Angola et la France sont basées principalement sur une volonté politique commune, qui se traduit par un dialogue constant et constructif au plus haut niveau des deux Etats. Non seulement la France a été le premier pays de l’OCDE à reconnaître la République d’Angola, juste après la proclamation de son indépendance, le 11 Novembre 1975 ; c’était plus précisément en date du 17 Février 1976, moins d’une semaine après l’Organisation de l’unité africaine et avant l’Organisation des Nations Unies, mais il y a aussi depuis cette période une régularité dans la dynamique des relations politiques entre les deux pays. Sans oublier une autre période moins bonne comprise entre 2000 et 2010.

La France est un acteur majeur dans la géopolitique africaine, aussi bien sur le plan historique, politique, diplomatique et militaire, que sur le plan économique, commercial et culturel. L’Angola espère que la France poursuivra ses efforts, de concert avec la communauté internationale, en particulier au Mali et la République centrafricaine, dès lors qu’il s’agit de restaurer l’intégrité territoriale des États et de permettre leur viabilité face à un risque de désintégration annoncé. En Angola, la France est appelée à jouer pleinement son rôle dans les programmes de reconstruction que notre gouvernement a lancés et saisir les opportunités d’affaires dans le cadre de la diversification des activités économiques en cours.

Quelle image avez-vous de l’économie angolaise à partir de l’extérieur et comment les entreprises étrangères, notamment françaises, peuvent-elles contribuer à la diversification des activités économiques programmées par l’Exécutif?

Il convient, avant tout, de commencer par souligner que l’Angola est aujourd’hui un pays pacifié, politiquement et socialement stable qui offre un environnement favorable aux investisseurs nationaux et étrangers. D’autre part, l’Angola dispose d’un budget sérieux, reconnu par le FMI et d’un programme de réformes audacieuses qui visent à moderniser l’administration, à remodeler et améliorer les politiques fiscales ainsi que le cadre juridique. La reconstruction et la réhabilitation des infrastructures, le développement des télécommunications, les investissements dans les secteurs des transports, de l’énergie et de l’eau vont offrir aux acteurs économiques un cadre de travail sain et concurrentiel. La diversification de l’activité économique est, en fait, l’objectif stratégique de notre gouvernement en vue de réduire la dépendance de notre pays à l’industrie extractive, notamment du secteur pétrolier.

Quels sont les indicateurs du partenariat économique entre la France et l’Angola ?

Il y a actuellement en Angola plus de 70 entreprises françaises qui emploient entre 20.000 et 25.000 salariés et représentent un chiffre d’affaires d’environ un milliard de dollars. Le secteur pétrolier représente une production d’environ 600.000 barils par jour en 2013, la société TOTAL est aujourd’hui le premier opérateur étranger en Angola. Ses activités de TOTAL se sont accélérées au début des années 2000, avec le projet Girasol sur le bloc 17 en 2001. Sur ce même bloc appelé Golden Block (le bloc d’or), se sont succédé tous les 3 ans les projets Rosa, Dália, Pazflor et, enfin, le projet Clov. Une performance qui a fait de l’Angola, une vitrine d’excellence opérationnelle et technologique du Groupe Total dans l’offshore profond.

Évidemment, tous ces projets ont eu des retombées jusque sur la politique de formation des ingénieurs et des cadres supérieurs. Quant au flux d’importation et d’exportation, nous sommes passés de 3,2 milliards de dollars en 2008 à 1,5 milliard en 2012. Ces fluctuations s’expliquent par la dynamique des achats d’hydrocarbures. En ce qui concerne les investissements directs étrangers, aussi bien en termes de stock et qu’en termes de flux, la France a un poids considérable, avec près de 7 milliards de dollars de stock d’IDE en 2012 et 1 milliard des flux d’IDE dans la même période. Il convient de noter que les entreprises françaises ne sont pas très impliquées dans le marché de la reconstruction et de la réhabilitation des infrastructures post-conflit. Elles ont dorénavant l’opportunité de profiter de la diversification économique, notamment dans les secteurs de l’agriculture, des transports, de l’énergie, des services et des industries manufacturières.

Quels sont les résultats concrets de la visite officielle du chef de l’État en France?

Le but de cette visite était de valider les efforts diplomatiques déployés par les deux parties pour relancer une dynamique bilatérale. Maintenant, il faut que la commission mixte et les équipes techniques s’attèlent à identifier les secteurs prioritaires entre nos deux pays, afin de déterminer les moyens et les outils nécessaires à la mise en œuvre d’une coopération intense et novatrice. L’accord d’exemption de visa pour les passeports diplomatiques et de service est sur la bonne voie. Les deux pays travaillent actuellement sur un mécanisme de facilitation de visas pour certaines catégories de personnes détentrices des passeports ordinaires. À terme, il serait peut-être nécessaire d’ouvrir nos deux économies à une plus grande facilité de circulation des marchandises et des services, dans le strict respect des règles de l’OMC et des critères définis par des organisations régionales dont l’Union européenne et la SADC auxquelles appartiennent nos deux pays|AEM (avec Jornal de Angola)