Félix Tshisekedi : à pas fermes vers son destin politique

I ne manquerait plus que ça : reprocher son sens, bien que compulsif, du dialogue à Joseph Kabila qui y voit la voie ultime pour régler crises politiques de tous genres ou crises de confiance tout court. Le pauvre, quoi qu’il fasse, le président congolais est soupçonné de malice pour s’octroyer une rallonge à la tête du pays. Glissement, voilà comment s’appellerait le temps que Kabila passerait au pouvoir au-delà de son mandat. Cette crise de confiance s’est accentuée avec le piteux ratage de la majorité présidentielle dans sa tentative de parvenir subtilement à cette fin par l’aménagement de la loi électorale, un jour férié, plutôt que de passer par une trop voyante révision de la constitution. Mais cette reculade du 18, 19 et 20 janvier 2015 a dû enjamber des dizaines de vies fauchées par des balles de la police nationale. Depuis, Joseph Kabila tente de reprendre la main par le dialogue. Quel dialogue ? Avec qui et comment ? Et pour quelles fins ?

Alors que le débat politique focalise sur l’alternance, Félix Tshisekedi est allé rendre visite, au Canada, à la veuve et aux orphelins de feu Chebeya dont la justice peine à désigner les assassins et surtout les commanditaires. Une visite, avec beaucoup de pudeur, qui illustre son attachement à la justice et aux droits humains.

Puis, alors que des prévisions sombres se dessinaient à cause de la forte tentation du glissement de la majorité présidentielle, l’UDPS a proposé un dialogue. Position ultra minoritaire brocardée par la majorité et l’opposition. Serein, avec d’autres cadres du parti, Fatshi, comme l’appellent les intimes, va multiplier interventions médiatiques et réunions d’explication avec la base du parti. Ses détracteurs s’acharnèrent sur lui et sur l’Udps, notamment dans les réseaux sociaux avec des accusations tout aussi improbables que farfelues : mise en cause de sa mère, favoritisme supposé de la part de son père, 2,5 millions de dollars reçus de Joseph Kabila, promesse ou revendication du poste de premier ministre, doutes sur ses diplômes… Et alors qu’on l’accusait de faire cavalier seul et son parti de ne jouer que sa propre partition, des contacts directs et constructifs sont noués avec Moïse Katumbi, le G7, le Front citoyen … Une volonté d’union rarement montrée par l’opposition à Joseph Kabila.

Au-delà des mots, je vous propose une compilation de quelques images qui illustrent cette démarche politique déterminée et cohérente.|Correspondance particulière de Michée Mulumba Mimul, Membre de l’Udps